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PRAXIS 74 . Travail social et psychanalyse.
18 juillet 2026

Fragments épars de stécriture...un extrait...

(...) Comme le disait Jean Oury: Le transfert est la mise en acte du désir. Sans relation de transfert, pas d’ana-lyse, il faut en passer par là, quitte à devoir supporter les excès, où émergent l’amour et parfois sa face cachée, la haine – à l’instar de ce qui se passe sur une bande de Moebius –; mais dans ce dernier cas, cela mettrait en danger la bonne marche de la cure. Le transfert doit rester positif ou alors il faut changer d’analyste.

En d’autres termes plus triviaux, l’analyse, pour que ça fonctionne, vaut mieux avoir son psychanalyste «à la bonne» plutôt que de «l’avoir à l’œil», d’où l’importance de prendre son temps quant au choix d’un analyste. Évidemment, la relation transférentielle induit une dissymétrie, l’un étant l’aimé (le désirable) et l’autre l’aimant (le désirant). C’est ce que Freud appelait la névrose de transfert, qui est un mal nécessaire. Cependant cette aliénation à l’autre sera provisoire, transitoire et momentanée. Cet état peut néanmoins durer quelques années pour certains, d’autres resteront dans cet état imaginaire de l’amour de transfert, avatar déterminant d’un ratage analytique. En fin d’analyse et le plus souvent, le sujet-analysant s’affranchira de cet amour de transfert par la chute du sujet supposé savoir. C’est le destin désirable d’une analyse réussie, et cette résolution du transfert sous-tend qu’une grande partie du travail a été accompli et que l’analysant est parvenu à accéder – plus ou moins partiellement – à son désir inconscient, et à la rencontre avec le manque originel, et surtout avec son acceptation; en d’autres termes quand l’analysant comprendra que l’Autre est barré et qu’il n’existe pas d’Autre Tout-Puissant qui pourrait combler sa vacuité, son manque à être, et ses difficultés existentielles. Le sujet consentira à la castration symbolique, ce manque symbolique d’un objet imaginaire.

Elle est préférable à la possibilité de rester toute sa vie l’objet de ses symptômes; l’analyse menée à son terme permettra de parvenir à vivre de façon inventive et novatrice, de se mettre en adéquation avec son désir par la sublimation active, ce qui pourrait convenir à une bonne définition de l’éthique: la cohérence entre Soi et son agir. Alors sera pos-sible une vie qui vaudrait la peine d’être vécue. Pour conclure provisoirement, les finalités de la psychanalyse ne seraient-elles pas en phase avec l’injonction nietzschéenne: Deviens ce que tu es!?

Nietzsche, psychanalyste avant l’heure? Il y a de quoi gloser… Mais pourquoi pas, la question reste ouverte.

(En vente en librairie, en ligne, ou directement sur le site de l'éditeur)

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