PRAXIS 74 . Travail social et psychanalyse.

14 avril 2021

La psychiatrie agonise !

 

Il n’est pas un jour sans annonces catastrophiques concernant la psychiatrie en France.

Ces annonces concernent les conditions dans lesquelles les patients sont traités et à vrai dire trop souvent maltraités. Elles concernent également les soignants-psychiatres, psychologues, infirmiers et autres-, qui sont débordés, démotivés, découragés et ont envie de quitter l’hôpital public ou même de changer de métier. Les très nombreux administratifs de la psychiatrie commencent à se trouver eux-mêmes en difficulté pour répondre aux questions cruciales que pose la déshumanisation de la psychiatrie. En effet, chaque jour les plaintes affluent, le nombre des contentions augmente, les listes d’attente s’allongent et les soignants démissionnent, ce qui contribue à noircir davantage le tableau général de la psychiatrie.

Pendant que se joue ce drame qui concerne les malades, leurs familles et leurs soignants, le gouvernement met la dernière main à un projet de psychiatrie portant essentiellement sur une approche nouvelle fondée sur la recherche et les neurosciences. L’ensemble du système de la psychiatrie française, publique, associative et privée va se réorganiser autour du concept de plateformes diagnostiques disposant de moyens conséquents pour entreprendre des bilans neurophysiologiques approfondis (recours aux IRM, à l’Intelligence Artificielle, aux algorithmes…) débouchant sur les diagnostics promus par le DSM V et passibles de traitements médicamenteux et cognitivo-comportementaux à l’exclusion de toute autre approche de la souffrance psychique spécifiquement humaine. Le dernier décret relatif à l’expertise des psychologues du 10 mars 2021 indique de façon limpide la direction prise par la « réforme » promise.

Cette réorganisation va coûter un « pognon de dingue » et permettre de développer une recherche neuroscientifique permettant un rattrapage du prétendu retard français dont nos gouvernants, sous l’influence de lobbies directement intéressés par ce nouvel angle d’attaque (c’est le mot adéquat) de la psychiatrie, ne cessent de nous rebattre les oreilles. On comprend mieux la casse massive de la psychanalyse et de la psychothérapie institutionnelle entreprise depuis quelques années par le pouvoir et ses agences réputées indépendantes telles que la HAS.

Mais c’est oublier un peu vite que les travaux portant sur la psychopathologie transférentielle avaient permis de restaurer l’humanité dans la relation avec des patients en grandes difficultés dans leur souffrance psychique. En effet, les progrès considérables survenus dans les neurosciences et la génétique ne doivent pas faire oublier que la condition humaine ne peut se réduire au déploiement du génome dans un environnement standard, et que l’intervention d’autrui dans la construction du petit d’homme est primordiale. De la même manière, la prescription de médicaments et de traitements psychothérapiques ne peut se penser hors de cette relation intersubjective spécifique de l’humain. Et c’est précisément ce qui avait permis à la psychiatrie de quitter les asiles et de s’ouvrir au monde, notamment grâce à cette invention française que nous ont envié les autres pays, la psychiatrie de secteur. Et ainsi de rendre son humanité aux pratiques psychiatriques avec les adultes et les enfants.

Le succès de cette organisation sectorielle a été tel que les listes d’attente des consultations dans les Centres Médico-Psychologiques s’est accru à un point difficilement compatible avec les très faibles moyens mis à la disposition des équipes soignantes. Quand un médecin des beaux quartiers demande un an d’attente pour fixer un rendez-vous, ne dit-on pas qu’il doit être excellent ? mais que la même durée existe dans le secteur public et voilà que l’équipe ne sait pas s’organiser…

Bref !, la psychiatrie est maintenant dans un état déplorable et ce constat a été établi par toutes les instances officielles, y compris la défenseure des enfants, mais plus tragiquement encore par les personnes souffrant psychiquement et leurs proches.La psychiatrie qu’on nous promet va droit dans le mur de la régression la plus scandaleuse puisque nous savons comment soigner humainement en psychiatrie.Continuer à attendre des seules neurosciences la solution pour traiter la maladie mentale est une imposture grave dont les générations futures nous rendront responsables.Continuer à penser que des économies peuvent être faites sur la psychiatrie est une erreur profonde de jugement de nos dirigeants.Continuer à diviser les soignants, les familles des malades et les citoyens est une manipulation de bas étage organisé par des groupes de pression puissants et intéressés.Il est grand temps de réunir les forces en présence pour refonder une psychiatrie à visage humain qui prend en considération les différents aspects bio-psycho-anthropologiques, qui bénéficie des mêmes moyens que toutes les autres spécialités médicales, tout en tenant le plus grand compte de ses spécificités.Les projets gouvernementaux actuels ne sont pas à la hauteur des enjeux et doivent être reconsidérés avec les avis de tous les partenaires concourant à une psychiatrie digne de ce nom.

 

Pierre Delion. Avril 2021.

 

 

 

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02 avril 2021

Supervision clinique institutionnelle et psychanalyse

 

Superviseur certifié PSYCHASOC

J’interviens sur site, à votre demande, pour :

  • Supervision clinique institutionnelle.

  • Analyse des pratiques professionnelles.

  • Groupes de parole.

  • Analyse institutionnelle.

  • Formations.

Dans le champ social, médico-social, et sanitaire…

Mon cadre de référence est la psychothérapie institutionnelle et la psychanalyse.

Quelques références :

MDEF 74, IRTESS de Bourgogne, IREIS d’Annecy, service petite enfance de Passy, Centre Hospitalier Alpes -Léman (CHAL), Hôpitaux du pays du mont blanc (supervision médecine et pédiatrie), Secteur psychiatrique de l’est vaudois (Suisse), ADMR, ESAT de Sallanches, EHPAD(S) de : Bonneville, Cluses, Ambilly, Marnaz, Megève, LVA « La bergeronnette » (71), CEMEA Ile de France…

Contact : 06.16.13.26.48. /serge.didelet@wanadoo.fr

Psychanalyste :

Je peux vous accueillir sur rendez-vous au 23 rue de Savoie (2ème étage) à Sallanches (74720).

En cas d’urgence, je vous reçois dans les 24 heures…

Contact : 06.16.13.26.48.

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08 mars 2021

Les constellations transférentielles, un outil pour les équipes...

François Tosquelles est à l’origine de ce concept de Constellation transférentielle (CT). Pour l’expliquer, rien de tel qu’une situation clinique tirée de la réalité. En 2017, j’étais depuis quelques mois le superviseur d’un Groupe de vie (ils appelaient ça une famille…et c’est vrai que le groupe, était aussi aliénant qu’une famille !), au sein d’une Maison d’Accueil Spécialisée (MAS). Se retrouvent en MAS des « malades » dont la psychiatrie publique et privée s’est débarrassée ; ce sont les inéducables, les chroniques inguérissables, les incasables, les inclassables de la clinique. Certains évoquent des « lieux-poubelles » où survivent, dans une promiscuité chaotique, des autistes profonds (type Kanner), des schizophrènes catatoniques vieillissants, des trisomiques mélancoliques, et quelques cas atypiques. Une équipe pluridisciplinaire y est au travail, H24…la MAS est un internat, les malades sont appelés euphémiquement résidents. Ils sont huit dans l’équipe, il y a quinze résidents. Un psychologue clinicien (et psychanalyste) fait aussi office de responsable du service. Il y a deux éducateurs spécialisés, quatre A.M.P.[1], une employée de maison (ménage et traitement du linge), une veilleuse de nuit. Une fois par semaine, un kinésithérapeute vient toute la journée pour de l’éveil musculaire. Il y a seize résidents dans ce groupe de vie, et quatre groupes dans la MAS. Les résidents les plus jeunes ont vingt ans, le plus vieux a soixante ans et attend une place en EHPAD qui tarde à se libérer. Certains résidents sont en fauteuil roulant.

La session de supervision commence, et c’est une éducatrice qui se propose de prendre la parole ; elle évoque un résident diagnostiqué bipolaire, en crise maniaque depuis trois semaines, qui fait beaucoup parler de lui dans l’établissement.

En d’autres termes, il remue le contre transfert institutionnel.

Il se nomme Django (sur la carte d’identité, c’est Raymond !), il est gitan, il a cinquante ans et il réside à la MAS depuis deux mois, après de nombreux séjours en EPSM[2] et autres Maisons de santé d’où il s’est fait virer. Grosso-modo, ce n’est pas « un cadeau », mais il est là, il existe, et il faut bien faire avec ça. Il faut dire que chaque jour il est l’objet de plaintes, s’originant à d’autres résidents, ou parfois de professionnels excédés. Django dérange, il n’a pas de Surmoi, il n’a pas rencontré l’éducation, son père est mort pendant son enfance, il n’y a pas eu d’adulte qui ait compté pour lui, il a été élevé par une mère incestueuse et alcoolique. Par conséquent, il ne connait pas le renoncement pulsionnel, alors, du matin au soir, il s’agite, déambule, réclame, revendique, conteste toutes les règles, il peut être menaçant, obscène (ne s’est-il pas masturbé en public en salle de télévision ?). En outre, il arrive qu’il passe du verbal à des démonstrations physiques destructrices, alors il casse du matériel, enfonce des portes, brise des vitres, vole des cigarettes à ses pairs ; et si quelqu’un d’excédé s’interpose pour le réguler, il peut réagir avec une violence démesurée. Il est par surcroit très fort, et très fier de sa musculature qu’il entretient en faisant des répulsions au sol (des pompes !).

Il arrive parfois qu’il s’apaise – ce qui augure la fin de la crise maniaque qui annonce une phase mélancolique – et consente à discuter avec « l’employée de maison » nommée Marie, c’est elle qui nettoie sa chambre et s’occupe de son linge.Ainsi, le transfert demeure envisageable, tout n’est pas si désespérant, mais l’équipe fatigue et se plaint sans cesse. On ne parle plus que de Django, certains attendant avec impatience la crise mélancolique qui aura raison de lui et le laissera prostré sur son lit pendant plusieurs jours.

En outre, sa conception de l’hygiène est très approximative, il ne se lave jamais, se contentant de se raser avec un rasoir électrique, et il laisse souvent traîner son dentier sur la table, provoquant rejet et dégoût des autres convives. Alors, les autres résidents l’évitent, autant que faire se peut dans une MAS ! Depuis peu, Django recrache systématiquement son traitement (déjà peu efficace, il est pharmaco-résistant) dans le lavabo, dès que l’infirmier a le dos tourné.

Résultat, tout le monde se plaint, et j’ai le sentiment que Django – à son insu- fait analyseur des contradictions de l’institution. Des postures de rejet s’actualisent, de même que des tentations ségrégatives de la part de certains professionnels qui préconisent le recours aux entraves et à l’isolement en chambre dédiée[3]. Avec bonheur – et c’est louable – la majorité de l’équipe ne veut recourir à ces méthodes coercitives que seulement en état d’urgence. Le psychologue (chef de service) tient bon, lui non plus, animé d’une éthique humaniste, ne veut pas recourir à la coercition systématique, mais il redoute les réactions de l’équipe trop mise à mal depuis plusieurs semaines.

A l’issue de la narration, phase I de l’Instance clinique[4], chaque-un a pris le temps de s’exprimer quant à ses affects relatifs à Django. Nos échanges langagiers ont pu édulcorer la colère et les ressentiments imaginaires. Alors, il nous restait une heure, et c’est ainsi que j’ai proposé à l’équipe de transformer l’espace de supervision en Constellation transférentielle, demandant de plus que Marie (employée de maison) vienne nous rejoindre.

« La constellation, ça nous vient de la Clinique de la Borde. Le principe : plusieurs personnes se réunissent pour parler de quelqu’un en graves difficultés. La constellation aura d’autant plus d’efficacité si elle est hétérogène. Si l’on convoque sept psychologues, ça sera beaucoup moins efficace qu’un cuisinier, une maitresse de maison, une femme de ménage, une aide-soignante, un psychologue, un médecin et un éducateur. Il y aura là beaucoup plus de possibilités et d’ouvertures, de surprise, d’échanges, de manifestations et d’expressions. Le principe : convoquer des personnes différentes, aux statuts, fonctions et rôles différents, mais qui toutes ont ce point commun : un lien transférentiel avec le patient. Cela peut provoquer des changements extraordinaires, la mise au travail d’une chose fondamentale qui est niée par la psychiatrie traditionnelle : la pathoplastie. Le milieu, ça se travaille ».[5]

A propos de Django, trois Constellations eurent lieu (et la première avec moi) et regroupant toute l’équipe, du chef de service à l’employée de maison. Les changement furent rapides, certains professionnels en seront « bluffés » : Django découvrait l’usage de la parole, négociait au lieu de crier, il intégrait peu à peu la notion de limite, la vie collective et l’ambiance devinrent beaucoup plus paisibles pour tout le monde, et ce changement s’opéra en trois semaines.

Comment l’expliquer ?

Il faut partir du constat qu’une personne est à l’entrecroisement d’un grand nombre d’interactions avec d’autres, alors, il fallait réunir pour ce résident l’ensemble de l’équipe, chacun étant impliqué dans l’existence quotidienne de Django, ce résident « remuant ». L’hétérogénéité du groupe de Constellation (la diversité des statuts et des rôles) sera un « plus » qualitatif. En quelques jours, Django qui semblait isolé et s’opposait à tout dialogue – il préférait frapper les autres et détruire du matériel – avait, à son insu, et malgré tout des liens avec quelques autres, certains comptaient pour lui, et s’ils ne le savaient pas, lui non plus.

Comme le disait Oury : « On s’est aperçu à La Borde, de façon banale, qu’il suffisait parfois de se réunir à quelques-uns, ceux qui connaissent un peu un malade à la dérive – un schizophrène entre-autre – et de parler, comme ça, pour que le lendemain, il y ait un changement, une sorte d’ouverture, chez le malade dont on avait parlé. Ce n’est pas de la magie »[6]

La CT est une instance clinique qui interroge le désir et le transfert. En questionnant les affinités, les inimitiés, la sympathie et l’antipathie, c’est sa propre position subjective vis-à-vis de l’autre, qui est interrogée, c’est le désir dans le transfert, qu’il soit positif ou négatif, et ça purge la pratique et « le ronron des ça va de soi ». Les CT participent à l’asepsie de l’établissement, en s’affranchissant des préjugés et des représentations stéréotypées et imaginaires. Elles ne fonctionnent que dans l’hétérogénéité, et quand elles fonctionnent, c’est le plus souvent positif : cela modifie l’ambiance et la qualité des relations interpersonnelles, cela change le gradient pathoplastique. Les CT font partie de « l’arsenal thérapeutique » dans tout traitement possible des psychoses ; d’autant plus qu’il ne peut avoir de thérapie sérieuse des psychoses que collective et institutionnelle.

Accompagner un psychotique – et surtout un schizophrène – ça ne doit pas se faire tout seul dans le huis-clos d’un cabinet, avec le dispositif divan-fauteuil de la cure. Il faut du tiers, des lieux où déambuler, il faut de l’Autre : réinjection d’un peu de symbolique.

Les CT constituent un outil transmissible et transférable à tous les secteurs du champ social, qu’il soit thérapeutique ou éducatif.

 

 

 

Serge Didelet, le 7 mars 2021

 

 

 

 

 

 

 



[1] Aides Médico Psychologiques, titulaires d’un diplôme d’Etat de niveau V. Il y a des gens admirables dans cette relativement jeune corporation, ils sont au cœur de la clinique, font souvent un travail d’éducateurs et sont payés au SMIC.

[2] Etablissement Public de Santé Mentale, nouveau nom des hôpitaux psychiatriques publics.

[3] Un lit scellé au sol, un lavabo, un seau pour se soulager, une caméra…pour le monde, on a de la tendresse !

[4] Joseph Rouzel, « La supervision d’équipe en travail social », Dunod 2007.

[5] Serge Didelet, « Psychanalyse et question sociale », l’Harmattan 2020.

[6] Jean Oury et Marie Depussé, « A quelle heure passe le train ? », Calmann-Lévy 2003.

 

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18 janvier 2021

"Liberté, tu t'laisses aller !

 

 

« Il faut revenir à l’essence-ciel. Se parler, se déplacer pour acheter de la nourriture, prendre l’air, promener le chien…Essentiel. » [1]

 

En 2020, et pour cause de pandémie, l’humanité a été assignée à résidence pendant plusieurs mois. Nous avons été isolés les uns des autres, interdits de contacts, de liens, de toucher, et même privés d’odorat. C’est une vie sans saveur, une mascarade généralisée, cauchemardesque, et qui ne saurait perdurer sans imploser.

Insidieusement, nos libertés se réduisent peu à peu. Depuis la vague d’attentats de 2015, l’état d’urgence s’est substitué à l’Etat de droit. La nouvelle donne est qu’il est passé début mars 2020, du sécuritaire au sanitaire. Ce sont maintenant le Ministre de l’Intérieur et le Préfet de Police – supervisés par Castex – lesquels, en vase clos, décident arbitrairement des mesures de restriction de libertés qui concernent l’ensemble de la population. La démocratie parlementaire est bafouée. Il devient urgent de pouvoir penser ensemble, afin de définir démocratiquement d’autres stratégies sanitaires ; et non, passivement, s’en remettre à un Directoire sanitaire régissant les vies quotidiennes de chaque-un. L’Etat autoritaire installe son pouvoir en jouant avec la peur des gens, les conditionnant, les abreuvant de vérités -souvent contradictoires et issues du discours de la Science - , et d’injonctions culpabilisantes, saturant tout l’espace d’informations, mettant en place de nouveaux outils de surveillance et de répression. Comme l’écrivait Machiavel : « Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes. »

Malheureusement, et du fait du niveau d’aliénation sociale dans ce pays, il y a peu de contestation, d’autant – et c’est là où le bât blesse – que globalement, les mesures sécuritaires – l’hystérie hygiéniste et le principe de précaution à son plus haut niveau d’absurdité ! – rassurent la majorité des individus. Convaincue de la nécessité de faire face au Covid, et quel qu’en soit le prix à payer, la majorité de la population a renoncé à la liberté ; liberté qui induisait des actes dans le libre arbitre de chaque-un, des pratiques essentielles, aux saveurs antécovidiennes : aller au cinéma (à défaut l’Etat magnanime vous autorise d’aller à la messe !), au bistrot, au restaurant, en bibliothèque, à la piscine, chez des copains…faire ce que l’on veut…c’était encore ainsi, en 2019.

Par une surenchère quant aux moyens, toutes les conditions sont dès lors réunies pour faire le berceau d’une dictature durable. Le Covid est devenu en un an le signifiant- maître, la première préoccupation des trumains qui aiment croire en l’unanimité illusoire, symbole d’une injonction qui dictera l’idéal-type des bonnes conduites.

Par contre, si, comme moi et beaucoup d’autres - critiques mais gens de bonne volonté -, vous pensez que l’Etat sur-réagit, en fait un peu trop, que nous pourrions peut être faire autrement, vous êtes le suspect à abattre, l’asocial, le mauvais sujet à surveiller. Ainsi, en moins d’un an, je me suis « brouillé » avec deux normopathes avérés que je prenais pour des amis. La situation est clivante, elle favorise la pulsion de déliaison, composante majeure de la pulsion de mort.

COVID…un signifiant qui sature l’espace d’informations depuis un an. On ne parle plus que de ça, et les recommandations de Big Brother (Orwell 1950) sont diffusées en boucle sur les ondes nationales. Il y a comme un défaut d’ambiance, celle-ci est normative, culpabilisante, anxiogène. Cela renvoie au concept de pathoplastie, cher à Jean Oury : l’émergence de pathologies générées pas l’ambiance. Et oui, beaucoup d’individus deviennent malades, non du Covid, mais de ses conséquences sociétales.

 La délation, que l’on aurait pu croire disparue depuis Pétain, réapparait. De bons français, ravis dans leur veule obséquiosité, dénoncent leurs voisins à la Police, ces derniers ayant osé transgresser les injonctions étatiques, et réveillonnés avec des amis, le soir du 31décembre. Cette soirée fut marquée par quelques descentes musclées dans des sphères privées, des coups, des humiliations, des amendes pécuniaires, des gardes à vue…il n’y a pas d’erreur, nous sommes en France !

En outre, j’ai pu observer une surenchère dans l’exécution des gestes dits « barrières », croisant quotidiennement des « mickeys » masqués sur des chemins forestiers déserts. Une catégorie d’hommes aurait donc perdu tout discernement ? L’obéissance et l’endoxalite fonctionnent à plein régime, les puissants de ce monde peuvent être rassurés, ils ont de beaux jours devant-eux. Nous sommes dans un pays qui se tient sage[2]

En attendant, les libertés s’amenuisent, se raréfient, nous assistons à un inéluctable rétrécissement des possibles et des marges de manœuvre, une vie-peau de chagrin pour beaucoup de catégories sacrifiées. Un seul mot d’ordre : « Travaillez ! » (télétravail pour les cadres, métros et autobus bondés pour la piétaille prolétaire), « Ne faites pas de vagues, rentrez chez vous et regardez BFMTV ; nous aurons des jours meilleurs. »

En outre, les avis dissonants sont écartés avec mépris, les bonnes nouvelles n’ont pas droit de cité. Les professeurs Tubiana, Toussaint, et Raoult (j’en oublie, il y en a d’autres…) sont devenus des complotistes extravagants, alors que ce sont des scientifiques aux travaux mondialement connus. A qui et à quoi sert cette ostracisation ?

Je ne suis pas un scientifique et j’avoue avoir du mal à me forger une opinion avisée, alors que chacun est envahi d’informations en boucle souvent contradictoires. Comme l’écrivait Hannah Arendt : « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit en rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez »[3]. Le quidam que je suis se permettra juste quelques remarques et questions.

Avec une régularité métronomique, Castex nous parle à vingt heures, c’est un discours descendant, celui du Maître à l’esclave. Comme le disait Aristote : « Jamais l’esclavage n’est aussi bien réussi que quand l’esclave est persuadé que c’est pour son bien ». Cet homme triste et vieillot a la tête des mauvaises nouvelles qu’il annonce, avec ses allures rétros de « père-fouettard », il incarne l’Autre qui punit, à grands coups de couvre-feux, de confinements, d’amendes pécuniaires, tout le monde est sous haute surveillance et chacun peut devenir le flic de l’autre. A défaut des sourires, la défiance de l’autre brille dans les yeux. Castex et consorts donnent des leçons de civisme aux français, comme si ces derniers, patients, disciplinés, résignés pour la plupart, et qui « en bavent » depuis mars dernier, étaient responsables de la situation :  cet état pandémique du monde qui, peut-être, fait signe d’une nature saturée et fragilisée qui se vengerait des (ex)actions humaines !?

Faute de compétences pour l’étayer, cette hypothèse ne saurait être négligemment écartée, et beaucoup de recherches, dans des champs différents, convergent en ce sens. Freud, visionnaire, écrivait en 1930 : « Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature, qu’avec l’aide de celles-ci, il leur est facile de s’exterminer les uns les autres jusqu’au dernier. Ils le savent, d’où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse ».[4]

Alors, l’Etat-Macron sur-réagit à grands coups de confinements, de couvre-feux, et de mascarades en plein air ; conscientisé de l’inadéquation de la structure hospitalière face à la recrudescence de la pandémie, et ne voulant pas être accusé de laxisme, il ne peut pas faire d’autres choix. Il faut rappeler aux amnésiques que, depuis plusieurs décennies, le système hospitalier, a été démantelé par les précédentes politiques, consacrées au culte du Dieu Gestion. Ainsi, si les citoyens de France sont assignés à résidence à partir de 18 heures, c’est pour limiter le nombre d’hospitalisations et parce que nos hôpitaux ne sont pas en capacité de soigner tous les malades, puisqu’on ne peut pas pousser les murs ! Il faut se souvenir de la dictature managériale, laquelle, pour optimiser les ratios financiers, supprimera 100 000 lits hospitaliers (et les emplois qui allaient de pair) entre 1993 et 2018.

En outre, il est déplorable de constater l’absence d’une réflexion sur ce que pourrait être un risque humainement acceptable. L’Etat surenchérit, fonce tête baissée, nous protégeant au besoin par la force et la coercition. Ce sont souvent les dictateurs qui choisissent seuls les chemins menant au bonheur de la population. Quand l’absurdité bouffonne de certaines mesures est érigée en système, la valeur humaine est niée, et le sujet, en dehors de toute logique, peinera à conserver une organisation psychique cohérente.

Ainsi, si protéger (de force éventuellement) devient liberticide, la société devrait se questionner quant à cette contradiction. En attendant, cette trouille étatique paralyse un pays, annule un million d’emplois et génère des pathologies psycho-sociales. L’Etat s’en prend délibérément au lien social, à ce qui fait société, et cela a des répercussions cliniques. La normose ambiante distillant morosité et ennui, en a fait décompenser plus d’un ; mais là, encore, l’infrastructure psychiatrique n’est pas à la hauteur de la demande. Souvenez-vous que les divers gouvernements ont supprimé 60 000 lits psychiatriques depuis le début des années 90, lorsque la gestion a commencé à supplanter le médical. Par conséquent, cet Etat d’urgence sanitaire induit une autre manière d’être au monde, faite d’enfermement, d’évitement des autres, de suspicion, et de repli sur soi. C’est l’esprit-même du collectif qui est en souffrance et s’il y aura beaucoup de victimes collatérales, faites de faillites financières et de chômage, il y aura aussi des catégories sacrifiées. Vivre ainsi, ce n’est pas une vie qui vaudrait la peine d’être vécue. Voir le niveau de désespérance et de précarité des étudiants, voir du côté des enfants, otages de cette période mortifère, freinés dans l’ auto-construction d’eux-mêmes, voir les personnes âgées dans les EHPAD, enfermées dans leur chambre pendant deux mois et demi, le printemps dernier, et beaucoup d’entre-eux, du fait de l’isolement affectif total, en sont morts de chagrin…syndrome de glissement dira l’Autre médical, augmentant sa nosographie.

On peut se demander quel est l’avenir de l’homme dans cette société sans visage. En menaçant notre santé, nos projets, nos aspirations, nos croyances en l’avenir, le virus tue aussi nos illusions et révèle cruellement les failles de cette société : Inadéquation du système de santé, impuissance des politiques, crise économique aux conséquences implacables, crise du lien social, signes ostentatoires de désespérance.

« Il faut bien composer avec la réalité et l’Etat fait ce qu’il peut » rétorqueront les pragmatiques. Oui, mais depuis le début, il le fait mal, le remède générant autant de nuisances que la maladie, tel le pharmakon.[5] Cette crise devrait unir les gens et les responsabiliser, plutôt que les cliver, les infantiliser, et les soumettre. L’Exécutif devrait cesser de distiller quotidiennement la peur via les médias[6], ces communications anxiogènes, qui, systématiquement, exagèrent les dangers sans jamais rien expliquer. Il y en a marre de cette infantilisation et de ces mesures imbéciles telle que l’obligation du port du masque en extérieur, dans la plupart des zones urbaines. Cela ne sert à rien et cela entretient une ambiance de bouffonnerie anxiogène où Ubu est devenu roi.

Alors, n’y aurait-il pas – pour vaincre l’épidémie – d’autres manières d’organiser les modalités du « vivre ensemble », plutôt que de paralyser un pays en obligeant les gens à rester isolé chez eux ? Les décideurs se posent-ils cette question ? Que pourraient-ils en dire ?

Enfin, il y a l’ultime recours qui peut être fonctionnera, les divers vaccins créés savamment en huit mois, qui – s’ils se pérennisent - vont générer un juteux marché financier, comme quoi il y aura des heureux du Covid, c’est indéniable ; cependant, et même si la campagne de vaccination démarre avec une lenteur inquiétante, ce vaccin est quand même une bonne nouvelle, dans ce pays qui forclot la mort, il va certainement permettre à moyen terme, la cessation des cas graves et des décès liés au virus. Au pays de Pasteur, nous devons lutter contre l’obscurantisme complotiste, laissons la peur des vaccins aux Témoins de Jéhovah (et la peur du rouge aux bêtes à cornes !).

Cependant, une grande fraction de la population demeure méfiante et sceptique, notamment les personnes de moins de quarante ans. A ce jour, seuls 55% des français ont décidé de se faire vacciner. Cette réticence fait signe du problème de fond : la perte de confiance des citoyens vis-à-vis des élites scientifiques et des décideurs des autorités sanitaires. On pourrait dire une défiance par rapport à l’autorité tout court, cet Autre sociétal ; un processus de déliaison qui fait malaise dans la civilisation. Oui, cette défiance est réelle, générée par la succession des scandales sanitaires de ces dernières décennies : sang contaminé, Médiator, amiante, et j’en oublie… « Qui sème le vent récolte la tempête ».[7]

 

 (Les Houches, le 17/01/2021)



[1] Joseph Rouzel, « Corona, psychanalyse », Editions le Retrait 2020.

[2] « Un pays qui se tient sage », un film de Davis Dufresne (2020).

[3] Ibid.

[4] Freud Sigmund, « Malaise dans la civilisation », Editions Point 2010.

[5] Pharmakon : mot issu du grec ancien qui pouvait signifier aussi bien le remède, la drogue, le philtre que le poison ou le venin.

[6] Depuis presque un an, il y a une confusion organisée dans le but de faire peur. Voir l’annonce quotidienne du nombre de personnes contaminées, assimilées à des malades du Covid dans l’inconscient collectif.

[7] Livre d’Osée 8,7 (Ancien Testament).

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05 octobre 2020

Supervision, formation, psychanalyse et travail social...

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Mon cadre de référence est la psychothérapie institutionnelle et la psychanalyse.

Quelques références :

MDEF 74, IRTESS de Bourgogne, IREIS d’Annecy, service petite enfance de Passy, Centre Hospitalier Alpes -Léman (CHAL), Hôpitaux du pays du mont blanc (supervision médecine et pédiatrie), Secteur psychiatrique de l’est vaudois (Suisse), ADMR, ESAT de Sallanches, EHPAD(S) de : Bonneville, Cluses, Ambilly, Marnaz, Megève, LVA « La bergeronnette » (71), CEMEA Ile de France…

 Contact : 06.16.13.26.48. /serge.didelet@wanadoo.fr

 

 Psychanalyste :

Je peux vous accueillir sur rendez-vous au 23 rue de Savoie (2ème étage) à Sallanches (74720).

En cas d’urgence, je vous reçois dans les 24 heures…

Contact : 06.16.13.26.48.

 

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29 août 2020

Parution de "Psychanalyse et question sociale"

Vient de paraître aux éditions de l’Harmattan :

 

Serge Didelet

 

PSYCHANALYSE

ET QUESTION SOCIALE

 

Passages… fragments instituants

 

Ce livre parle de l’homme comme objet d’une double détermination : sociale et psychique. L’homme qui marche sur deux jambes : Marx et Freud…

Avec, en filigrane, l’arrière-pays de l’auteur, marqué par la tentation révolutionnaire des années 70, l’horizon des hautes montagnes et la déraison ordalique, le risque de la folie et de la pulsion de mort, en butte à un instinct de vie inextinguible et chevillé au corps.

Ce livre, dans son désir de rencontre avec son lectorat, est un livre qui dit « je », c’est un ouvrage de sujet. Celui qui parle en son nom propre en est passé par la cure analytique, et, au terme de ce travail, n’est plus rempardé dans des défenses moïques imaginaires. Alors, l’écriture et le sujet se libèrent.

Deux corpus textuels charpentent ce livre atypique. Un intertexte autobiographique jalonne le texte de l’ouvrage : la supervision d’équipes et l’institution, le temps libéré, le travail d’éducateur, la psychiatrie et son antidote, la psychothérapie institutionnelle, le travail des « sans-grades », au service des personnes les plus vulnérables, les personnes très âgées, l’idéologie (funeste) managériale.

Dans cet intertexte foisonnant, l’auteur se livre en racontant le déroulement d’un processus civilisateur qui n’allait pas de soi au départ, mais où le sujet, au final, advint. C’est une histoire de passe, de passant, de passeur, de passages.

 

Vous pouvez commander l’ouvrage en librairie ou en ligne (FNAC, Décitre, Rakuten…), voire directement auprès de l’éditeur : www.editions-harmattan.fr.

280 pages, 28 euros.

 

Serge Didelet est psychanalyste et membre de l’association l’@Psychanalyse. Il travaille aussi sur site comme superviseur d’équipes, formateur et conférencier. Il a déjà publié Jean Oury, celui qui faisait sourire les schizophrènes, Champ social Éditions, Nîmes 2017.

 

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17 juillet 2020

A paraître dans l'été...

« Psychanalyse et question sociale »

                            « Passages…fragments instituants.         

 

Paraîtra au cours de l’été chez l’Harmattan

Avec une préface de Joseph Rouzel 

 

Ce livre, le deuxième de l’auteur, dans son désir de rencontre avec son lectorat, est un livre qui dit « je », c’est un ouvrage de sujet. Celui qui parle en son nom propre en est passé par la cure analytique, et, au terme de ce travail, n’est plus rempardé dans des défenses moïques imaginaires. Alors, l’écriture et le sujet se libèrent.

Deux corpus textuels charpentent ce livre un peu atypique : un intertexte autobiographique jalonne le texte de l’ouvrage, composé de chapitres thématiques chers à l’auteur : la supervision d’équipes et l’institution, le temps libéré, le travail d’éducateur, la psychiatrie et son antidote, la psychothérapie institutionnelle, le travail des « sans-grades », au service des personnes les plus vulnérables, les personnes très âgées, l’idéologie (funeste) managériale.

Ce livre nous parle de l’homme comme objet d’une double détermination : sociale et psychique.

L’homme qui marche sur deux jambes : Marx et Freud…

Avec, en filigrane, l’arrière-pays de l’auteur, marqué par la tentation révolutionnaire des années 70, l’horizon des hautes montagnes et la déraison ordalique, le risque de la folie et de la pulsion de mort, en butte à un instinct de vie inextinguible et chevillé au corps.

Dans cet intertexte foisonnant, l’auteur se livre en racontant le déroulement d’un processus civilisateur qui n’allait pas de soi au départ, mais où le sujet, au final, advint. C’est une histoire de passe, de passant, de passeur, de passages.

 

 

Serge Didelet est psychanalyste et membre de l’association l’@Psychanalyse, il travaille aussi sur site comme superviseur d’équipes, formateur et conférencier. Il a déjà publié : « Jean Oury, celui qui faisait sourire les schizophrènes », Champ social Editions, Nîmes 2017.

 

 

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14 juillet 2020

Il y a quatre ans à Nice : le choc du Réel...

Il y a quatre ans à Nice, un crétin pseudo djihadiste assassina 86 personnes au volant d’un 19 tonnes. Parmi eux, Pierre Hattermann, psychanalyste, psychologue clinicien, formateur et conférencier. Il fut mon psychanalyste, il devint mon ami, mon interlocuteur principal, un vrai complice. Je l’avais encore vu la veille de son départ en vacances ; il était si content de partir en Corse, en famille. Alors comme beaucoup d’autres, la veille de prendre la bateau, il est allé voir le feu d’artifice. C’était un beau soir d’été, un de ces soirs où l’idée même de mort est hors scène, obscène. Son épouse Françoise et son fils Elouan sont morts sur le coup. Pierre est resté trois semaines en réanimation et décédé le quatre août. La douceur entoura les derniers jours de Pierre. « Il se dégageait de lui quelque chose de magnifique, de puissant » raconta son frère, touché par l’empathie du personnel soignant de l’hôpital Pasteur de Nice.

Pierre était un fédérateur, il rassembla des gens très différents, il anima des collectifs, des lieux -ressources, il créa même un Centre de formation à la psychanalyse, et c’est en ce lieu que j’ai connu les prémices propédeutiques de ma formation de psychanalyste. Il a laissé un vide et certains collectifs n’ont pas survécu, la pulsion de mort fut la plus forte. Seul un groupe de lecture continue à se rencontrer mensuellement. Que dire de plus ? Peut-être que l’existence (trop brève) d’un Pierre Hattermann peut nous réconcilier avec l’idée d’humain, il avait tout pour lui, l’intelligence, la culture, la volonté de transmettre, et…une rare gentillesse.

A Nice, ce paysage de carte postale, je ne peux me résoudre à y retourner, l’asphalte saigne.

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06 juillet 2020

A lire durant l'été...

« Psychanalyse et question sociale »

                   « Passages…fragments instituants"         

 

Paraîtra au cours de l’été chez l’Harmattan

Avec une préface de Joseph Rouzel

 

 

« Ce livre nous parle du social et de la psychanalyse, et au bout du compte, nous parle de l’homme comme sujet d’une double détermination : sociale et psychique. Voilà pourquoi, à l’instar de Tosquelles et Oury, je marche sur deux jambes : Marx et Freud.  Le corpus textuel, charpenté de chapitres, est entrecoupé et balisé par un intertexte autobiographique qui aborde les thèmes d’une vie socioprofessionnelle : le temps libre, le loisir, la supervision d’équipes,  le travail d’éducateur, la psychanalyse, l’idéologie funeste du néo capitalisme, les conduites riscogènes, la psychiatrie et son antidote, la psychothérapie institutionnelle, le travail des « sans grades », au service des personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les personnes très âgées.

Tout cela, inscrit dans le paysage d’un arrière-pays empreint par la tentation révolutionnaire des années post-soixante-huit, l’horizon des hautes montagnes et sa déraison ordalique, le risque de la folie et la pulsion de mort, en butte à un instinct de vie inextinguible, chevillé au corps. Dans l’intertexte, ce livre raconte aussi le déroulement d’un processus civilisateur qui n’allait pas de soi au départ, mais où le sujet au final advint » 

 

 

 

Serge Didelet est psychanalyste et membre de l’association l’@Psychanalyse, il travaille aussi sur site comme superviseur d’équipes, formateur et conférencier. Il a déjà publié : « Jean Oury, celui qui faisait sourire les schizophrènes », Champ social Editions, Nîmes 2017.

 

 

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17 avril 2020

Quelques informations...

Depuis plus d’un mois, on ne saurait parler d’autre chose que du SARS-COV-2, irruption intempestive du Réel qui fait trou, effraction de ce trou-matisme, une béance que les personnes humaines s’efforcent de symboliser, de border, de comprendre, d’apprivoiser. Un Réel ayant des effets observables au niveau social, économique, culturel et psychique ; effets notamment du confinement, lequel, dans sa façon de le vivre, réactive des inégalités sociales flagrantes.

Tel un colosse aux pieds d’argile, la construction qu’était ma vie de superviseur, de formateur et de psychanalyste s’est provisoirement effondrée. Tous mes groupes de travail sont en arrêt, et je ne vois plus personne au cabinet, ce qui induit que je me sens un peu orphelin. Dans cette activité de « psychiste », je suis le désirant, non le désirable, et c’est une question éthique importante.

Par conséquent, je repousse d’une année mon séminaire annuel ; le séminaire sur l’aliénation, prévu le 20 juin de cette année aura lieu l’an prochain à la même période. Il faut dire que la conjoncture de crise sanitaire a impacté la motivation des sujets à s’engager pour cette journée, à ce jour, il n’y a que quatre inscrits alors qu’il en faudrait à minima une dizaine.

Il y aura des jours meilleurs. La preuve en est, puisque va paraître prochainement à l’Harmattan mon dernier livre :

« Psychanalyse et question sociale »

« Passages…fragments instituants »

…avec une préface de Joseph Rouzel.

 

« Ce présent texte s’inscrit dans le passage d’un état à un autre, celui qui va du passant au passeur. Ce passage est chemin de vie, une vie marquée par la subversion et l’opposition instituante à toutes formes d’oppression ; et si je me suis toujours opposé aux discours réifiants et aliénants, si j’ai toujours privilégié le « je » au trop suspect « on », et si j’ai eu la chance de rencontrer des passeurs d’avenir qui m’ont tiré vers le haut et m’ont aidé à faire advenir le sujet que j’étais ; à la longue, je suis aussi devenu un passeur, ce qui justifie à mon sens le sous-titre de l’ouvrage : « Passages…fragments instituants ». Derrière ce chaos apparent demeure un cheminement cohérent. Comme le disait le poète Bernard Dimey : « Quand j’ai bu, j’suis saoul mais logique ! »

Alors, en réponse au questionnement du lecteur potentiel, je dirais que ce livre nous parle du travail social et de la psychanalyse. Le corpus textuel, charpenté de chapitres, est entrecoupé et balisé par un intertexte autobiographique qui aborde les thèmes d’une vie socioprofessionnelle : le temps libre, le loisir, la supervision d’équipes,  le travail d’éducateur, la psychanalyse, l’idéologie funeste du néo capitalisme, les conduites riscogènes, la psychiatrie et son antidote, la psychothérapie institutionnelle, le travail des « sans grades », petites mains du travail social au service des personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les personnes très âgées.

Tout cela, inscrit dans le paysage d’un arrière-pays empreint par la tentation révolutionnaire, l’horizon des hautes montagnes et sa déraison ordalique, le risque de la folie et la pulsion de mort en butte à un instinct de vie inextinguible, chevillé au corps. Dans l’intertexte, ce livre raconte aussi le déroulement d’un processus civilisateur qui n’allait pas de soi au départ. »

 

 

 

Serge Didelet est psychanalyste et membre de l’association l’@Psychanalyse, il travaille aussi sur site comme superviseur d’équipes, formateur et conférencier. Il a déjà publié : « Jean Oury, celui qui faisait sourire les schizophrènes », Champ social Editions, Nîmes 2017.

 

 

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